Sydney nous raconte son parcours auprès des chevaux

Non classé

04 Décembre – La Magie de Noël

Sydney est pour moi une rencontre formidable ! nos chemins se sont croisés 1 ou 2 mois après que Moka soit rentré dans ma vie. Quelle joie de partager sur les chevaux durant des heures et aussi sur tant d’autres sujets ! Je te remercie Sydney d’avoir accepté d’écrire ce beau témoignage pour Cheval Complice ! <3

Un Grand Merci Sydney, pour ton précieux partage. Je vous souhaite une belle lecture.

Les phrases magiques sont en gras… mais trouvez les vôtres ! Nous avons tous la liberté de choisir !

Claire

*********

Quand Claire, de cheval complice, m’a demandé d’écrire quelque chose pour son blog, si j’avais été en face d’elle, mon premier réflexe aurait été de me retourner pour voir si c’était bien à moi qu’elle s’adressait !

Kiriaki & Sydney

Moi ? Pourquoi moi ?

Je ne suis pas une professionnelle du milieu, ni une cavalière de concours. Je suis simplement une passionnée. De chevaux. Depuis….depuis mes premiers souvenirs en réalité.

Cette sensation de « manque de légitimité » pour qu’on me donne une voix sur ce blog, m’a suivi quelques heures et puis j’ai repensé à mon parcours. A celui de mes chevaux aussi.

Et aux gens que j’admire dans le milieu. Si vous vous attendez à lire des grands noms, vous allez être déçus. (À part peut-être celui de Frédéric Pignon).

Car en réalité, ceux qui m’ont inspiré le plus pendant toutes ces années, ce sont des gens simples (alors pourquoi pas moi finalement ?). Des gens vrais. A la recherche d’une relation solide et authentique. Ça n’exclut pas l’ambition. Mais ce n’est pas le focus.

Ceux qui cherchent la performance au détriment de la relation et du respect ne m’ont jamais intéressé.

Leurs conseils et leurs avis m’importent peu. Mis à part le fait qu’en les observant, parfois j’ai su exactement ce que je ne voulais pas.

Comme tout le monde, quand j’ai commencé à remettre en question tout ce qu’on nous inculque dans le milieu équestre, je me suis intéressée à ceux qu’on connaît tous.

Mais au final toujours pour finir dans un cul de sac. Les méthodes enseignées me laissaient toujours dans le doute et l’interrogation. Est-ce que je veux vraiment appliquer cela ? Est-ce que mon cheval est à l’aise avec ça ? Est-ce que moi je le suis ? Est-ce que ça nous convient ?

Tôt ou tard la réponse était souvent « non ». Mais je ne repartais jamais les mains vides. J’avais toujours quelque chose qui s’était glissé dans ma boîte à outils.

Ce qu’il me manquait cruellement dans tous ces enseignements c’est l’individualisation. On a une méthode et elle s’applique à tous les chevaux. En tout cas dans les grandes lignes.

Mais comment était-ce possible ? Ils sont tous différents. Chacun a son parcours, sa personnalité, ses craintes, ses points forts, ses aptitudes…

J’entends d’ici les adeptes de certaines écoles bien particulières dire « même si la méthode est là même dans le fond, on peut l’appliquer différemment à chaque cheval ».

Peut-être pour certains, mais ce n’est pas comme cela que ça se passe dans la pratique la plupart du temps.

Les chevaux, comme les humains, on leur colle des étiquettes. Ça nous rassure les étiquettes.

Le chiant. Le trouillard. Le dominant. Le con. Le gentil. Le bête. Le vicieux. Le fou. Le lent. Et tant d’autres.

Mais sait on seulement regarder les chevaux au delà de ces jugements ?

  • Et si « le chiant » était en réalité un cheval qui a une douleur depuis des années qui le met dans un inconfort physique, l’obligeant à ne pas tenir en place quand sa douleur se réveille ?
  • Et si « le trouillard » était simplement un cheval fidèle aux caractéristiques de son espèce ? Un animal de fuite a l’instinct de survie développé parce qu’il n’a jamais connu une relation rassurante lui permettant d’adapter son attitude ?
  • Et si « le dominant » était simplement un cheval qui n’a pas assez confiance en nous pour se laisser aller à être moins vigilant et moins dans la prise en charge des situations ?
  • Et si « le con » était juste moins con que nous, parce qu’il sent des choses que l’on a pas encore vues ?
  • Et si « le gentil » était en réalité juste un introverti, a qui parfois on casse les pieds avec nos maladresses mais qui n’extériorise pas sa détresse ?
  • Et si « le bête » était en fait un cheval très exigeant à qui on ne pose pas les questions de façons assez claire et qui nous met face à nos lacunes de communication ?
  • Et si « le vicieux » était un cheval désabusé. Lasse de toute l’injustice qu’il a connu depuis le premier jour de sa vie. Et qui est sur la défensive pour se protéger car personne ne le fera à sa place ?

 

Vous avez compris l’idée…

Je ne dis pas que c’est systématiquement le cas. Il y a une infinité de scénarios possibles. Mais est-ce qu’on se pose vraiment la question de savoir ce qui se cache derrière un comportement que l’on qualifie d’indésirable ? Surtout si cette interrogation nous met sous une lumière pas très glorieuse, nous humains ?

Est-ce qu’on a vraiment envie d’aller gratter et de découvrir ce qu’il y a en dessous de tout ça ? Et qui…? D’investir le temps nécessaire pour faire évoluer les choses ?

Quand je regarde mon propre parcours, il est très loin d’être parfait. J’ai fait plein d’erreurs, commis plein de maladresses. Mais je suis fière de ne jamais avoir perdu mon libre arbitre. D’avoir remis en question tout et tout le monde. Moi y compris. Et d’avoir toujours fait de mon mieux pour tenir compte de mon partenaire. De nos envies, nos capacités et nos objectifs. Ça ne m’a pas empêché de faire des bêtises. Mais à l’origine de mes impairs il y avait de l’ignorance ou un manque d’expérience. Pas un problème d’ego.

Mais ce n’est pas toujours facile. La remise en question est ce que je considère comme une de mes plus belles qualités mais aussi mon talon d’Achille. Quand est-ce qu’on va trop loin ? Quand est-ce qu’il faut se faire confiance, même si on est pas sûrs de nous ? Pas toujours évident de trouver un bon équilibre.

Le milieu du cheval est propice au doute. Les informations nous parvenant de l’extérieur, sont souvent loin de nos ressentis et quelques fois contradictoires.

Alors comment y voir clair dans tout ça ?

Kiriaki

Peut-être avant tout en tenant compte de deux paramètres. Notre cheval, puis nous; son humain.

Quand on a une sensation désagréable en suivant une méthode ou une technique ou qu’on applique un conseil, ce n’est pas forcément parce que ces choses sont mauvaises….c’est juste que notre instinct nous demande de s’arrêter sur cette sensation. Voir pourquoi elle est là. Qu’est-ce qu’elle vient nous révéler ? Sur nous, sur notre cheval…sur nous deux en tant qu’équipe. Si on ressent un malaise, il y a une raison. Plus on laisse nos émotions exister, plus on a à apprendre d’elles. Ça vaut aussi pour nos chevaux. Et ce n’est pas grave d’être perdus parfois.

Je me suis rendue compte qu’instinctivement, je me suis toujours tenue loin des gens qui détiennent (à leurs yeux) des vérités absolues. Ça n’existe pas pour moi, la vérité absolue. Je préfère apprendre aux côtés de ceux qui ont su revenir sur leurs positions une, deux, cent fois…

Parce que leur but n’était pas d’avoir raison, mais d’avancer et d’acquérir de l’expérience. Être bousculés, dans le doute…. mais avec le sentiment de ressortir à chaque fois avec un petit quelque chose en plus. Une information, une expérience, une révélation.

Ce que je sais aujourd’hui pour moi, et peut être que ça parlera à certains d’entre vous, c’est ça :

Il y a du bon à prendre dans toutes les méthodes/techniques. Il y a aussi toujours des choses à laisser. Il ne faut pas avoir peur d’adapter les choses à nos besoins. Pas avoir peur de dire non. Pas avoir peur d’affirmer nos ressentis non plus. Mais essayer de toujours rester ouvert au fait de remettre nos croyances en question.

Rien n’est immuable. Rien n’est vrai ou faux pour tout le monde. Pour chaque certitude que vous avez, vous trouverez toujours quelqu’un ou quelque chose qui sera l’exception. Parfois ça sera vous l’exception. Parfois ça sera votre cheval.

N’oubliez jamais que la seule personne à qui vous avez quelque chose à prouver c’est vous-même.

Et quand vous entendez la petite voix au fond de vous, faites lui de la place. Accueillez là et demandez lui ce qu’elle est venue vous dire. 

Kiriaki & Sydney

N’ayez pas peur de vous tromper. De ne pas faire comme tout le monde.

Les seuls yeux dans lesquels vous devez voir de l’approbation concernant vos choix sont ceux de votre cheval. 

Jo

Si vous m’avez lu jusqu’ici, j’en profite pour dédier ce que j’ai écrit a mes chevaux. Particulièrement à Kiriaki qui partage ma vie depuis 14 ans. C’est à ses côtés que j’ai vécu les plus beaux moments de ma vie. Grâce à lui que j’ai rencontré les personnes les plus précieuses qui m’accompagnent aujourd’hui. Il est mon rêve devenu réalité et il a dépassé toutes mes espérances en terme de relation, complicité et confiance.

Kiriaki

Mes chevaux m’ont appris tout ce que je considère comme utile dans ma vie. La patience, la résilience, l’amour, la persévérance et bien plus encore.

J’espère être à la hauteur pour eux. Avec mes imperfections et mes erreurs…mais toujours poussée par les meilleurs intentions.

Jo

Sydney